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Chères amies, Chers amis Mesdames, Messieurs, Aidez-nous !
Un mot d’explication de Roger-Pierre Turine
Journaliste, expert en art visuel pour Ewa Ayiti
« En septembre et octobre 2010, à l’initiative de Wallonie-Bruxelles Internationa (ex-CGRI) et du Centre culturel du Brabant wallon, le Festival « Ewa Ayiti » (« En avant Haïti ») entendait mettre en exergue, en Communauté française principalement, la création artistique haïtienne, de longue date connue et reconnue pour son originalité, son allant, ses couleurs, ses qualités très particulières dans la diversité des disciplines. Avant de cibler Haïti, souvenez-vous en, d’autres projets du même type avaient valorisé successivement les créations du Sénégal, du Burkina Faso, du Bénin, de la République démocratique du Congo (« Yambi »). L’insupportable tremblement de terre qui vient de frapper ce petit pays des Caraïbes apparaît d’autant plus abominable que l’île était, avant le drame, tenue pour l’un des territoires les plus pauvres de la planète. Si les dieux existent, pourquoi, diable, frappent-ils ainsi, aussi aveuglément, des démunis chroniques qui, pourtant, et jusque dans ce malheur insoutenable, leur vouent des cultes omniprésents ! Qui plus est, la foi en Dieu et le Vaudou ancestral venu de la lointaine Afrique d’où sont issues les populations haïtiennes, sont, envers et contre tout, au centre, le plus souvent, des créations artistiques de là-bas. L’équipe de « Ewa Ayiti » était encore à Port-au-Prince et à Jacmel en novembre dernier, aux fins d’affiner les sélections des créateurs pressentis pour représenter leur pays chez nous. C’est vous dire si ce drame nous a touchés de plein fouet. Nous avions, à force de rencontres et d’affinités, créé de vrais liens d’amitié là-bas et cette nouvelle invraisemblable nous a, d’abord, abasourdis et laissés incrédules. Puis, les images aidant, nous avons compris l’ampleur de l’abomination et craint pour la vie de nos amis. Trois semaines plus tard, nous savons que nos artistes ont échappé au pire mais que nombre d’entre eux ont perdu l’essentiel vital. C’est terrible ! Européens combien mieux nantis, nous devons aujourd’hui, en âme et conscience, nous associer au vaste courant de solidarité qui converge vers une île d’Haïti entièrement détruite aux trois-quarts de ses espaces et qui dénombre ses morts et ses blessés par centaines de milliers. Mais, comment verser son obole, fût-elle minime, sans que cette générosité ne sombre dans cette sorte de panier sans fond et sans destination certifiée que peut être toute « aide internationale » trop floue dans sa globalité ? Tous les membres du projet « Ewa Ayiti 2010 » ont réagi comme un seul homme (femmes comprises et comment !) : « Il nous revient d’aider avant tout les artistes avec lesquels nous avions convenu de travailler, certains d’entre eux ayant perdu jusqu’au toit qui leur permettait de vivre plus ou moins dignement, de vivre et d’oeuvrer ! » Alors, rêve ou vérité, quel plus beau geste que celui d’artistes européens offrant, par notre entremise absolument désintéressée, l’une de leurs oeuvres en vue de faire fructifier et arrondir le don qui pourrait être fait aux artistes d’Haïti ? Je sais et d'aucuns déjà me l’ont dit : « C’est toujours aux plasticiens que l’on s’adresse et que nous offre-t-on en retour en termes de considération et d’aide ? » Mais, eu égard au drame, inhumain, qui frappe Haïti, je me dois, exception absolue, comme mes amis et amies d’Ewa Ayiti, de vous encourager à participer avec une ou plusieurs de vos oeuvres à cette vente exceptionnelle qui sera pour nous tous, vous et nous, comme un plain-chant offert en écho aux chants, superbes et émouvants, que des Haïtiens blessés et meurtris entonnent encore quotidiennement dans les rues de Port-au-Prince pour clamer leur espoir en des temps nouveaux et meilleurs. »
Roger-Pierre Turine
Chers Amis,
Nous souhaitons placer le week-end des 4 et 5 septembre sous le signe de la participation du plus grand nombre – artistes d’une part, amateurs d’art de l’autre - à un geste simple et franc de solidarité avec les artistes haïtiens: une vente directe, sans surenchère, d' oeuvres, accessible à toutes les bourses, soit 100 et 250 euros.
Nous espérons que les directions d’écoles supérieures, les professionnels de la mise en évidence des OEuvres d’art et les artistes soutiendront le courage des Haïtiens qui, dans un pays dévasté, désirent construire un avenir meilleur.
La demande qui vous est faite est simple : offrez, pour l'occasion, une ou plusieurs de vos œuvres. L’Échevin de la Culture de la Ville de Liège, le service des relations interculturelles, la Commission Solidarité Liège-Monde et Ewa-Ayiti se chargeront de la mise en place de la vente et de l’acheminement intégral de son produit vers les artistes locaux. Les plasticiens ne sont pas les seuls impliqués, de nombreux musiciens participent déjà, à titre gracieux, à de nombreux concerts en faveur d’Haïti. « Nous pouvons compter sur vous ! »
Informations pratiques :
Dépôt des œuvres : du mardi au samedi du 3 août au 3 septembre entre 8h et 16h au MAMAC - Musée d'art moderne et d'art contemporain - , parc de la Boverie, 4020 Liège. Si vous avez des difficultés à nous les faire parvenir et pour tous renseignements vous pouvez-nous contacter au n° 04/221.93.33. Nous vous remercions de tout cœur pour ce que vous ferez en cette circonstance exceptionnelle,
Jacques Deck, Directeur Artistique de Ewa Ayiti
Jean Pierre Hupkens,Échevin de la Culture de la ville de Liège |